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Merci de vos paroles touchantes et sincères. Même s’il y a encore des vagues, ça ira. Même si l’inconnu fait un peu peur, allons de l’avant ensemble !

J’ai enfin décroché de Carl. C’était assez, je ne pouvais pas prendre plus. “Dans la vie, il faut prendre des risques, mais il faut aussi savoir s’en aller”. Voilà, c’est fait. J’ai mis du temps à comprendre. Mais ce n’était pas facile d’abandonner tout ce qu’il signifiait pour moi : un avenir stable, un pilier-repère stable malgré son instabilité, un refuge confortable pour reprendre des forces, une source d’affection, et je pourrais énumérer encore longtemps de cette manière. Je n’y ai pas gagné grand chose, si ce n’est une certaine tranquillité d’esprit. Ce n’est pas grave. À long temps, j’y gagnerai sans doute davantage que ce que j’aurais gagné d’être restée, ridicule et désespérée, à ses pieds. Je me suis relevée. Il y a encore des taches de poussière sur mes vêtements. Qu’importe, le vent les emportera.

Moins d’une semaine avant mon départ pour l’Europe. Le stress gagne en importance, mais la hâte aussi. L’avion m’inquiète toujours autant. Cependant, si j’oublie cette horrible étape, je me meurs d’y être : Paris, Bruges, Bruxelles et Berlin ! Je rêvais de voyager. Atteindre un rêve est toujours un peu triste. C’est un petit peu un deuil à faire. Je croise les doigts que ce ne sera pas le dernier. Malgré ce qu’en dit Nicky, j’ai encore envie de voir tant d’endroits dans le monde ! Le Vietnam n’a pas disparu de mon esprit, ni mon trip nomade. J’envisage, finalement, partir au Japon suite à une proposition d’emploi…

Mes examens approchent et je ne stresse pas. À dire vrai, je ne m’en soucie pas. Mon esprit est tant absorbé par des choses plus ou moins importantes qu’ils passent vraiment en dernier dans mes priorités. Je sais que c’est mal. Je manque de volonté ces temps-ci. Ou plutôt, peut-être, je la dépense dans d’autres domaines ?

Ah, en ce qui concerne Noël. On m’a posé la question hier, donc voici la réponse : si vous voulez m’offrir un cadeau et que vous manquez d’idée, offrez-moi un livre. Lequel ? Je ne sais pas en particulier. Des livres de philosophies ou portant sur la musique pourrait être bien quoique sans doute plus cher qu’un simple roman de la collection Librio. Alexandre Dumas (sauf les Trois mousquetaires et La dame aux camélias), Sir Arthur Conan Doyle, Goethe (mis à part Les souffrances du jeune Werther) seraient particulièrement appréciés, considérant que ce sont ceux que j’ai envie de lire en ce moment. N’hésitez pas à faire le tour des bouquineries plutôt que des librairies ; j’adore le parfum poussiéreux d’un vieux libre. Je m’avancerais presque à dire que je le préfère à l’odeur du fraîchement imprimé. J’aime aussi que le bouquin ne tombe pas en pièce, par contre ! Le bout des pages pliés, une tache ou deux de café, ce n’est aucunement dramatique. Mais perdre des pages avant même de l’avoir ouvert, c’est juste chiant. Ou des CD de musique classique ou baroque. Il y en a des pas chers qui sont très bons au Archambeault. Telemann, Profokievm Stravinsky, Bethoveen : toujours gagnant. Évitez Bach et Albinoni, j’ai presque l’entièreté de leurs oeuvres.

Vous aurez probablement bientôt des entrées sous forme de vlog plutôt qu’écrites, si j’ai un minimum de talent de montage. Je vais m’acheter, avec semi-financement de mes parents, un caméscope numérique. Ben oui, la personne narcissique que je suis pense que non seulement je suis censé vous intéresser par ce qui se passe dans ma vie mais aussi que vous aurez envie de vous installer devant votre écran pour me regarder parler. Ne parlons pas des multiples japonais qui le font… et n’ajoutons pas de commentaires sur le genre de sites !

Bon, je serai sage. Je vais remplir mon lecteur mp3 de pièces musicales et je vais dormir afin d’être en forme pour le boulot demain !

“Maria” Everyone is crying.
“Maria” But I want to believe.
“Maria” So I’m praying now
that this is my final love.
Beginnings come at random,
but endings always have a reason.

picture0126Il semblerait que j’aie beaucoup de choses plus ou moins pertinentes à exprimer ces derniers jours. Aussi, plutôt que d’ennuyer les gens autour de moi, je vide mon esprit ici. Seules les âmes ayant envie de s’y intéresser le feront. Les autres n’auront même pas à prétendre. N’est-ce pas que c’est beau, la vie ?

Commençons par transcrire ce que j’ai écris le 12 juillet dans mon cahier à tout faire :

“Sans être un besoin, je sens que Québec est l’endroit que je cherchais. Mon envie de voyage n’est pas morte, que du contraire. Toutefois, tel l’oiseau migrateur, je sais où je me poserai lors de ma belle saison. J’ai trouvé un chez-moi, enfin. Cette ville m’apaise, me calme. Dire que j’avais peur d’y venir ! Quelle sotte crainte. Je pourrais facilement en repartir… si je sais que j’y reviendrai. 

C’est une ville que je veux voir grandir, vivre, dans laquelle je voudrais m’impliquer peut-être. Je suis amoureuse de cette ville. Amoureuse transie, j’ai besoin de le dire, de le crier sur les toits, de le faire savoir, de le répéter encore et encore, sur tous les tons et ne m’arrêter que pour me gorger de nouvelles raisons de l’aimer ou de l’admirer.

On y trouve tout. Des gens bizarres, des gens à la gentillesse transparente, des gens pressés, des gens qui vivent l’instant ; des Noirs, des Blancs, des Asiatiques, des gens d’on ne sait où. Les langues s’entremêlent dans un délicieux amalgame, imitant les hommes d’affaires, les artistes et les touristes dans les rues. Le passé, le futur, le présent… Les voitures customisées, les bus, les écolobus roulent à côté de la calèche tandis que le cocher lève distraitement la tête pour regarder le passage d’un avion.

Là-dessus, mon ventre grogne. Mes piles viennent de lâcher. J’ai chaud. Et je vais travailler. Passons prendre un muffin avant ! ”

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Est-ce que ton sentiment a changé, Anya ?

Non. Je suis amoureuse de Québec. Et l’on sait que je n’aime pas : c’est de la rage, quand j’aime. On me détruira pour que je cesse. Je suis chez-moi à Québec. Ce sentiment, très fort depuis mon arrivée ici, n’a pas mué le moindre du monde jusqu’à aujourd’hui. Non, cela est faux. Parfois, j’ai pu croire le sentir se mouver, vouloir disparaître tandis que mon coeur se serrait et que mes yeux s’emplissaient de larmes. J’ai eu ici de très mauvaises expériences ; j’en ai eu de magnifiques aussi. Pareil comme partout, finalement.

Mais rien n’est pareil. (Même la ville est mauditement morte à ce temps-ci de l’année et que le froid est différent de celui-ci du Saguenay !)

Le sentiment d’avoir trouvé sa place est très fort. À lui seul, il sait faire taire les pensées les plus sombres qui émaillaient mon quotidien autrefois. Maintenant, je suis heureuse. Même quand tout va au plus mal, je ne vais pas aussi mal que lorsque ça allait couçi-couça là-bas. Je n’y retournerais pas même si j’y ai laissé des gens que j’aime. Ça pourrait m’être mortel. C’est ce que m’indique mon corps ; j’ai appris à l’écouter. J’ai appris à m’accepter et à m’écouter. Qui l’aurait cru il y a un an à pareille date ? Ah, j’ai changé. Tellement qu’il m’arrive d’avoir du mal à me reconnaître. Pourtant, c’est toujours moi. Malheureusement pour vous ?

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J’ai besoin de le répéter : je suis bien et je suis heureuse ici.

Ce n’est pas qu’aucun questionnement ou doutes ne m’envahissent. Comme tout le monde, j’en ai des paquets et des paquets… D’ailleurs, en voulez-vous un ou deux ? Le troisième est offert en bonus ! Trèves de plaisanteries, il y en a vraiment. Ils ne me hantent guère. Il est facile de se laisser porter par la vague et de vivre simplement depuis que mon âme s’est apaisée. Tout ira bien. Un à un, tous ces vagues ennuis seront annihilés ; d’autres les remplaceront. C’est la vie qui suit son cours. Je ne dois pas m’attarder à ces détails.

“Vois ce que tu as plutôt que ce que tu n’as pas” me disait une certaine personne. J’étais sourde. On est souvent sourds aux évidences mêmes, n’est-ce pas ?

Hm, qu’aie-je donc pour être heureuse ? Il me manque tant ! Non ?

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Non. Je ne crois pas. Je suis Chez Moi. Je vis dans une ville magnifique que j’adore (vous commencez à connaître ce refrain, je me tais !). J’ai connu des gens que j’aime profondément, à qui j’ai envie de vouer ma confiance entière sans crainte malgré tous les risques. Des gens qui sont là pour moi, sans être intéressé d’obtenir de moi quoi que ce soit. Bien mal leur en prendrait ; je me plains tant et je suis si lourde en offrant si peu ! Des Amis, des vrais, j’en ai. Peu. Très peu. J’ai toujours choisi mon entourage en suivant milles caprices et je l’ai été davantage depuis mon arrivée à Québec. L’attente aura value la peine.

Donc, la ville, des amis. Et puis quoi encore ?

Je suis des cours qui m’enchantent. Je suis dans la bonne branche même si je ne sais pas quel boulot faire exactement plus tard. Sciences du langage est le baccalauréat dont j’ai besoin. L’Université est géniale en dépit que j’ai du mal à suivre dans la dernière demie-heure de cours. Tout ce que l’on voit m’intéresse, qu’il s’agissent des aires du cerveau, du cyrilliques, de la manière de prononcer le /l/ en latin classique, des théories d’apprentissages EN GÉNÉRAL…

Donc, ville, amis, cours. Faisons une petite note pour signifier que j’adore la personne avec qui je vis, même si je déplore les périodes où je me retrouve si souvent seule. Nathalie est patiente, drôle (et elle le sait!), bonne oreille et de bon conseil. Je l’ennuie sans doute à parler autant mais c’est le lot de tout ceux que j’aime, non ? Prenez-le ainsi. XD

J’ai des rêves et des projets que je pourrais réaliser si je m’en donnais la peine. Que je réalise déjà en ce qui concerne certains. En fait, je pense que tout ce qui me manque est celui qui s’occupera correctement de mon coeur. Partager mes nuits et les longs câlins me manquent. Prenons le temps de bien choisir cette fois. En fait, ce qui est dérangeant, c’est que je suis prête à me poser de manière stable. La plupart des gars que je connais et auxquels je m’intéresse ne le sont pas. Je ne partirais pas en famille dès demain ; or, je n’irais pas en appartement avec lui au bout de 5 ans pour se marier 3 ans plus tard et avoir des enfants des années après. Désolée. Quoique toutes les chances du monde sont là pour que je ne rencontre ce genre d’homme qu’à cet âge ! Damn.

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Finalement, comme le dirait Nathalie, la vie est une salope. Et j’ajouterais qu’elle est une agace.

Sur ce, bonne nuit, groupe.

“Qui a marché avant moi dans ces rues ? Qui a vécu à cet endroit ? Quels rêves l’ont envahis, quels désirs l’ont étreint ?

Québec est magnifique. L’âme romantiquepeut aisément sombrer dans la douce mélancolie à laquelle, nul secret là, elle est prompte à se plonger. L’histoire, les secrets, les espoirs, les trahisons, les attentes, les vies… On les devine à chaque coin de rue, à chaque ombre sous les arbres. Peut-être est-ce mon imagination qui crée ce délire romantique. Peut-être la chaleur, agréable et bienfaisante chaleur estivale, puisque le soleil tape me tape sur la tête ; je suis sensible à ce passé, à l’âme de cette ville. Québec est contradictoire, se complètant  d’elle-même. Elle n’a besoin de personne. Et pourtant, nous lui sommes nécessaires. Sans nous, que serait-elle ?

Québec est pleine de spleen mais elle est cependante très animée et vive, parfois exubérante. L’énergie l’amène, la tête haute et fière, vers demain. Québec est une ville d’initiés. Entre deux points touristiques où milles voix et couleurs visiteront souvent se cache un petit endroit qui nous torture ; le garderons-nous pour nous-mêmes ou le partagerons-nous ? “

 

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 Quelques mots sont gribouillés par la suite mais ils ne valent pas la peine que je les inscrive ici. Un garde m’a interrompu pour discuter avec moi à ce point de l’écriture. Si nous retournons à l’entrée du 11, peut-être y aura-t-il un moment où je parlerai de lui ?