Une autre fois, un coup de tête m’a conduite droite au Saguenay à 2 heures du matin. Contrairement à la dernière fois, cependant, je n’ai pas dormi du trajet. J’ai eu un poil d’inspiration pour écrire. Je crois que même Immersion, titre de mon recueil en cours, ne pensait plus la chose possible. Je suis consciente que Présence n’est pas le meilleur texte que j’ai produit de ma vie, mais il est celui où j’ai juste pu me laisser aller. J’y arriverai peut-être, à récrire. Hitler, Hélène et Sang attendent impatiemment que je les termine… D’ici-là, Icisera sur mon Boudoir pour les intéressés !
Je n’ai pas étudié comme prévu lors du trajet, par contre. Ce qui fait que je dois me reprendre ce soir et demain. Un bel examen valant pour 30 % de la session m’attend mercredi matin et je ne me sens aucunement prête à celui-là. Souhaitez-moi bonne chance car j’en aurai besoin ! Mais qu’aie-je donc fait si je n’ai ni dormi ni étudié ? Je me suis tapé Gangs of New York évidemment. En me marrant bien au passage des pompiers qui préfèrent se battrent en eux que d’éteindre l’incendie dévorant la maison et la vie d’une famille.
Je ne devais pas aller au Saguenay. Ca ne m’arrangeait pas si on regardait la chose d’un oeil rationnel. J’avais une promesse à tenir, un pélerinage à faire ; la possibilité de le réaliser finalement a gagné. Rivière-Éternité est magnifique. Le trajet de la montée dure entre 3 et 4 heures aller-retour. C’est épuisant. Malgré tout, une randonnée pédestre, si je puis dire, dans la flamboyante automne reste une activité agréable. Les écureils sont habitués de voir passer les pélerins, touristes et adeptes de la forme physique : ils nous considèrent une fraction de seconde et retournent à leurs occupations dans se soucier de fuir. Ils n’ont pas peur. Ce n’est pas comme moi qui craignait les couguars à cause de Carl. Hein, Carl ? J’ai raconté la chose à Friederike, elle t’a trouvé méchant (même si elle était morte de rire en déclarant que cette attitude est mondiale et non propre aux québécois) !
Cette montée a été une très bonne chose. Non seulement j’ai pu tenir mon engagement, non seulement ma santé doit m’en dire merci, mon couple m’inspire davantage d’espoir. Vendredi encore, je pensais à quitter mon copain, trop incertaine de notre relation. Après la journée de samedi, je crois qu’il est possible pour nous de continuer notre route ensemble. Nous nous séparerons peut-être à un prochain tournant. Qu’importe ; la route que nous ferons main dans la main aura été plus agréable. Et si ça peut durer, je serai bien la dernière à m’en plaindre. Il a même écouté Pride and prejudice avec moi ! Jane Austen n’a pas particulièrement écrit une oeuvre virile, n’est-ce pas ? Et l’homme viril par excellence a tout de même apprécié ! :O
Je couperai probablement les liens msn avec Carl. C’est, je crois, l’une des grandes raisons de notre éloignement mutuel et de nos doutes. Je ne le verrai pas forcément plus souvent. Toutefois, plutôt que de passer par un médium froid comme le net pour se parler, je privilégierai le téléphone (la chaleur d’une voix et la compréhension des intonations) et le réel. Lorsque nous sommes physiquement ensemble, ni l’un ni l’autre ne doute. Lorsque nous sommes à distance sans pouvoir se parler, nous ne doutons pas non plus. Le net vient briser de cet équilibre puisqu’il s’agit d’un médium trahissant le ton réel du locuteur. Plutôt que de passer du temps à semi s’occuper de l’autre et à semi s’occuper de ses affaires, le temps que nous passeront à nous soucier de l’autre sera entier.
En plus que ça me permettra d’être un peu plus disciplinée.
Parlant de discipline, je dois aller étudier.
Bonne nuit à tous !



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