Sur plusieurs plans, j’ai changé dans les derniers mois, dans les dernières semaines, dans les derniers jours. Mon caractère, je crois, s’est adoucit ; il est devenu rare que je me fâche (généralement, c’est à cause de l’exaspération), je suis moins facilement déçue (plutôt que de bouder si on ne fait pas quelque chose de prévu, je le prends comme une excuse pour se revoir bientôt), je me sens mieux dans ma peau, plus tranquille, voire sereine, malgré certaines phases de stress et d’inquiétudes (presque uniquement, jusqu’à maintenant, reliés à une situation de couple (inexistant ? assez, oui…) instable).
Ma vision de la vie n’est plus négative. Je n’ai rien contre le fait de vivre et je ne peux pas attenter à ma vie en conséquence de cette nouvelle vision. Je n’ai pas le droit de décider pour toutes ses petites vies en moi qui veulent vivre que c’est l’heure de la tombée du rideau. Peut-être en faire l’objet d’un prochain post ? Ou pas.
Je gagne aussi, mi par bonne volonté, mi faute de choix, en autonomie et en indépendance. Même si j’ai des amis et une propriétaire qui se soucient de moi, si je ne prends pas soin de moi, personne ne le fera à ma place. Ça devient tout naturel à force d’y être… forcée.
J’ai réalisé ce que j’avais besoin pour être pleinement heureuse : trouver un endroit qui me donne l’impression d’être ”Chez moi” et avoir auprès de moi les êtres qui me sont le plus chers. Le reste n’est que détail qui embellisse ou enlaidisse un tableau. J’ai trouvé cet endroit ”où j’appartiens” dans la ville de Québec. Cependant, Carl et Lei n’y sont pas. C’est ce qui m’empêche d’être entièrement comblée. Malgré ce que peuvent vous avoir fait penser certains posts, je suis bien ici. J’y suis heureuse. Je suis moins romantique qu’auparavant, ce que vous auriez dû remarqué à la lecture des lignes précédentes. Je me complais que très rarement dans cette mélancolie qui m’a bercé si longtemps. J’ai trouvé l’objet de mes recherches, mon sanctuaire, je suis peu souvent seule, que les couleurs vives commencent à envahir ma garde-robe, que j’aime en me sentant aimée en retour, que mes rêves sont devenus réalisables si je m’en donne la peine, je mange mieux, je dors mieux, je suis plus en santé, je veux essayer des choses qu’avant je repoussais de la main en plissant du nez, et ainsi de suite… Ça doit aider. Moi qui détestait ”faire du social”, j’y prends souvent plaisir aujourd’hui ! J’ai rencontré à Québec des gens qui m’y ont poussé sans le savoir et que j’avais envie de voir, dont j’avais envie de pouvoir apprécier la présence tout simplement.
Mon avenir ? Je ne sais pas. Je ne sais plus. On m’a déchiré en plein visage celui que je chérissais, tandis que j’allais enfin l’atteindre. Toutefois, cette famille et ce mari dont je prendrai soin restent à mes yeux l’objectif final. Quel conservatisme pathétique, n’est-ce pas ? Pourtant, plus que tout, c’est ce à quoi j’aspire. D’ici-là, je veux voyager, voir le monde, partir à l’aventure, le regretter de temps en temps, en pleurer (?), en rire ; je voudrais partager cela avec quelqu’un, quelqu’un mais pas n’importe qui, non par peur, non par besoin mais parce que j’en ai envie. Se remémorer des souvenirs partagés est si agréable ! Les Japonais ont un proverbe dont je peux me servir pour argument : “On ne voit pas avec les huit yeux des autres.” Personne ne remarque, ne ressent, ne perçoit, ne s’attarde aux mêmes choses, sensations et impressions que son voisin. Comparer ces expériences doit être un tel plaisir ! Je suis tellement impatiente d’aller au Vietnam ! Épargnons, épargnons…
En ce qui concerne le lolita, j’ai abandonné les communautés lolitas. C’est un milieu si capricieux, si difficile, si hautain et élitiste ; une erreur, que tu sois débutante ou confirmée, et ça y est, on reçoit l’étiquette d’ita lolita. Il est difficile par la suite de s’en défaire. Je suis contente d’avoir réussi à l’éviter tandis qu’à mes débuts j’aurais facilement pu y sombrer ! Oui, il est agréable de pouvoir parler avec d’autres personnes d’un intérêt commun assez rare. Je ne m’interdirai pas d’en discuter avec qui que ce soit non plus. Seulement, dans les communautés, plus que la simple discussion, les filles cherchent à ”grimper dans la hiérarchie”, à démontrer à coups de phrases assassines et/ou bien tournées à quel point elles sont plus lolitas que l’autre, à gagner de la e-fame, devenir LA lolita du milieu. Si vous êtes moche et que votre personnalité ressemble à votre physique, qu’importe les beaux vêtements que vous portez, peu importe la marque, ça n’a pas d’importance : vous êtes laide. Et même à ça, même si c’est cruel, une lolita laide reste une fille laide. Ce n’est pas une mode que n’importe qui porte bien, d’autant plus si on s’obstine à porter un style lolita qui ne nous convient pas sous prétexte qu’on le préfère à celui qui nous irait si bien ! Au final, ça devient une guerre de marque, de vêtements, du meilleur agencement, de l’accessoire le plus récent de la collection d’Angelic Pretty ou le morceau le plus cher de Moi-Même-Moitié. De plus, à mes yeux d’utopiste croyant profondément au lifestyle, une lolita vêtue comme tel se doit d’être élégante, polie, douce, féminine ; ça m’insupporte d’en voir vulgaire et sans classe. Je n’arrive plus à prendre plaisir à discuter avec elles et les autres, si seulement elles y prêtent attention, en écopent malheureusement. Je préfère conserver le plaisir lolita avec mes amies, le porter pour le plaisir, sans plus, sans avoir à faire attention que le reflet dans mes lunettes ne soit pas lolita. Franchement. J’ai mille fois plus de bonheur à discuter de lolita, vêtue de cette manière, en buvant un thé avec Lei ou en papotant en riant avec Delphine qu’avec milles filles lolitas ”parfaites”. À quoi me sert de m’occuper d’une fille de l’Oregon dont je me préoccupe uniquement à cause de son style vestimentaire ? C’est on ne peut plus superficiel comme relation, ne pensez-vous pas ?




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